Les lois agricoles se succèdent mais les crises agricoles, sanitaires, environnementales, climatiques et alimentaires, elles, persistent. Nous réaffirmons la nécessité de soutenir une agriculture durable, autonome et plus juste, tant pour les agricultrices et agriculteurs que pour les consommateurs. Cette agriculture existe, nous la développons depuis plus de 20 ans.
Une catastrophe
Alors que les épisodes caniculaires se succèdent partout en France et que les agriculteurs continuent de subir des prix insuffisants pour vivre de leur travail, et malgré une très forte mobilisation de la société civile et d'une partie du monde agricole, la loi d'urgence agricole vient d'être adoptée. L'urgence est pourtant de construire une agriculture capable de s'adapter durablement aux conditions de demain.
Présentée comme une réponse à l'urgence, cette loi est en réalité une catastrophe :
• accaparement de l’eau,
• diminution de la protection de l’eau potable,
• industrialisation de l’élevage,
• réintroduction de pesticides interdits...
L'urgence est bien là. Mais ce projet de loi n'y répond pas. Pire, il l'aggrave ! Les membres de notre réseau réagissent :
Une loi rétrograde adoptée
Pour Bio Nouvelle-Aquitaine, cette loi passe à côté des véritables enjeux du monde agricole.
• Elle n'apporte aucune réponse concrète à la crise des revenus agricoles.
• Elle ne prépare pas l'agriculture française aux conséquences du changement climatique déjà visibles sur le terrain.
• Elle acte une inversion des priorités d'accès à l'eau.
• Elle ignore largement le potentiel de l'agriculture biologique comme levier d'adaptation et de résilience.
"Elle est où la victoire ? Cette loi ne répond en rien à l'urgence agricole, notamment dans un contexte de dérèglement climatique, avec des prix toujours au plus bas et des conditions de travail qui sont intenables." Thomas Montagne, président de Bio Nouvelle-Aquitaine

Mobiliser les citoyennes et citoyens
Pour Terre de Liens le débat est loin d'être clos. La suite se jouera désormais sur le terrain juridique et politique, avec une saisine du Conseil constitutionnel sur plusieurs dispositions particulièrement contestées, et la poursuite de la mobilisation citoyenne.
"Face à des parlementaires qui nient le réel, Terre de Liens garde les pieds sur terre. Nous soutenons un réseau de paysans et de fermes qui démontrent chaque jour que la transition agroécologique est possible. Forts de cela, nous continuerons aussi à mobiliser les citoyens pour défendre la terre et les paysans, plutôt que les profits de l’agro-industrie. Les citoyens sauront aussi demander des comptes sur les choix qui auront été faits aujourd'hui" Tanguy Martin, Chargé de plaidoyer à Terre de Liens
Soutenir des systèmes robustes
Les CIVAM réaffirment la nécessité de soutenir une agriculture plus durable, plus autonome et plus juste. Présenté comme une réponse aux enjeux de souveraineté alimentaire, ce texte prolonge avant tout une vision productiviste et exportatrice de l'agriculture française. L'urgence est bien de soutenir des modèles agricoles et alimentaires durables et robustes.
La transition agroécologique est une réponse concrète aux crises de l’eau, de la biodiversité et du revenu agricole. Les Civam travaillent depuis plus de 60 ans sur le sujet et accompagnent les agriculteurs et agricultrices sur le terrain afin de porter des exemples de solutions qui fonctionnent.

En votant ce texte, 296 députés ont fait le choix d’un modèle agricole mortifère. Souvenons-nous de ce choix et continuons à nous mobiliser. En 2027 exigeons la protection indispensable des consommateur·rices et des agriculteur·rices !

