L'agriculture est une grande consommatrice d'eau, et donc de fait, un levier essentiel face à sa raréfaction. Un rappel essentiel du WWF-France. Des actions quotidiennes au sein de notre réseau.
Rapport sècheresse
On imagine souvent que notre consommation d’eau se résume à ce que l’on utilise au quotidien : soit 150 litres par jour et par français pour boire, se laver ou faire la vaisselle. Mais en réalité, l’essentiel de notre empreinte en eau est invisible : on parle d’eau virtuelle. C’est l’eau utilisée pour produire tout ce que nous consommons – notre alimentation, nos vêtements, nos appareils électroniques ou encore notre énergie. Ainsi, il faudrait ajouter à notre consommation du quotidien près de 500 litres* par jour !
Rien que pour l'alimentation, c'est en moyenne 250 L d’eau* par jour qui sont liés à ce que nous mangeons. Nos modes de vie exercent une pression croissante sur les ressources en eau. Chaque jour, pour répondre à nos besoins, nous prélevons plus que ce que la nature peut régénérer. Face à cette surexploitation, un changement s’impose. Le WWF France agit pour faire prendre conscience de ce gaspillage, encourage à consommer autrement – en particulier à privilégier la viande issue d'élevage durable – et partage des gestes simples pour préserver cette précieuse ressource au quotidien.
En France, une partie importante de l'eau utilisée en agriculture (40%) est dédiée à l'alimentation animale. Un bœuf bio nourri à l'herbe, c'est seulement 60 litres d'eau consommée par kilo de viande, contre 500 litres pour un bœuf standard nourri au soja et au maïs. (ADEME). C'est pourquoi le WWF invite à repenser notre consommation de viande, à en manger moins et mieux. Mieux, en préférant un bœuf bio nourri à l'herbe, car le pâturage contribue non seulement à limiter fortement les besoins en cultures irriguées, comme le maïs, pour l'alimentation des animaux, mais favorise également la bonne santé des prairies, et des bocages, des alliés essentiels pour la préservation des zones humides, des rivières et plus globalement d'un paysage régénérant le cycle de l'eau.
Le WWF a publié un rapport "sècheresse" en juillet, ainsi qu'un résumé, à consulter :
L'eau un bien commun
Nous tenons à rappeler que l'EAU EST UN BIEN COMMUN indispensable à la vie de tous les êtres vivants. Partant de ce principe, au sein du réseau InPACT, nous pensons que l’eau devrait être affectée en priorité :
- à la consommation humaine en eau potable
- au maintien de l'équilibre naturel des milieux hydrologiques (condition nécessaire aux usages ci-après)
- à des productions agricoles selon les priorités suivantes :
3.1.Production d'alimentation humaine dont l'abreuvement du bétail issu d’élevages paysans
3.2.Autonomie de l'élevage plein air extensif (fourrages)
3.3.Autonomie protéique (humaine et animale)
Bien que nécessaire pour toutes les productions agricoles, rappelons que l'eau n'est pas utilisée par irrigation par la majorité des agriculteurs (en 2020, en France, 6,8 % des surfaces agricoles ont été irriguées. Source : Agreste - Recensement agricole 2020). A court terme, ils subissent des variations parfois importantes de volumes de récolte mais, à moyen terme, ils font évoluer leurs systèmes pour atténuer ces variations dues au dérèglement climatique et adaptent leurs productions.
Prétextant ce faible pourcentage de surface, le monde agricole est poussé à opter pour la solution de l'irrigation, afin d'atténuer leurs pertes de productions. Cette fuite en avant sans limite a pour effet de changer le cycle de l'eau provoquant encore plus de sécheresses. En effet, stocker l’eau empêche celle-ci de s’infiltrer dans les sols, les nappes phréatiques peinent à se reconstituer, ce qui provoque une modification du fonctionnement hydrologique des bassins versants. Un réseau hydrographique qui s’assèche, c’est tout un écosystème, puis tout un climat local qui s’en trouvent modifiés, avec un risque de désertification.
Accélérer la sobriété pour préserver une ressource limitée et réduire la dépendance de l’agriculture à l’irrigation devraient donc être des actions prioritaires.
Les systèmes d'irrigation doivent être conçus dans une stratégie agronomique globale de préservation des sols, qui consiste à favoriser, en particulier, la fixation de carbone, mais également la fertilité des sols, la lutte contre le dérèglement climatique ainsi qu’une meilleure résistance à la sécheresse par une plus grande capacité de stockage de l'eau de pluie dans le sol. L'agriculture doit s'adapter aux ressources mobilisables et non pas l'inverse. Il faut inciter les agriculteurs à s'engager dans des systèmes durables pour une gestion responsable tant de la quantité que de la qualité de l'eau, dans des systèmes agronomiques plus vertueux (rotation des cultures, moindre recours aux pesticides, diversification...).
En tant que structures qui accompagnent au quotidien sur nos territoires les agricultrices et agriculteurs qui ne veulent pas aller vers ces systèmes mortifères pour l'ensemble du vivant, et qui choisissent des systèmes agro-écologiques adaptés à leurs territoires, nous ne pouvons approuver la politique de l'eau menée actuellement. Des solutions de stockage et des systèmes d’irrigation efficaces existent déjà dans de nombreuses fermes agro-écologiques. Il faut donc avant tout sortir d’un système agro-industriel toujours plus gourmand en eau et privilégier ces solutions déjà mises en oeuvre par l’agriculture citoyenne et territoriale que nous défendons.
Jour du Dépassement de la Terre
Le 24 juillet 2025, l’humanité est entré dans le rouge.C’est le Jour du dépassement cette année (8 jours plus tôt qu'en 2024). Nous avons consommé en 205 jours toutes les ressources que la Terre peut régénérer en un an. Résultat ? Des canicules toujours plus fréquentes. Des sécheresses plus longues. Des villages privés d’eau potable, ici même en France. L’eau fait partie des premières victimes de ce dépassement. Nous pouvons agir. Urgemment. Ensemble, réduisons l’empreinte de notre alimentation !Nous nous mobilisons
Voici quelques exemples d'actions et de positionnement des membres de notre réseau.
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*ces chiffres proviennent du calcul de l’empreinte eau bleue, c'est-à-dire l’eau prélevée dans les rivières et les nappes. Pour en savoir plus sur l’empreinte eau, voir ADEME.

