Nous étions présents à la journée d'étude - Action publique territoriale et agroécologie : perspectives multiscalaires et transdisciplinaires organisée par l'Université de Pau le 10 novembre dernier.
La manifestation visait à clôturer un programme de recherche financé par la Région Nouvelle-Aquitaine : TAETERR-NA (Ancrer la Transition AgroEcologique dans les TERRitoires de Nouvelle-Aquitaine : les ressorts territoriaux du développement de systèmes agricoles basés sur la biodiversité) dont nous étions partenaires. Cette journée d'étude a permis de discuter de certains résultats obtenus dans le cadre de TAETERR-NA au regard de l'expertise des partenaires socio-économiques du projet, mais également au regard de l’expertise d’autres collègues extérieurs à TAETERR-NA.
Confronté aux changements globaux et à une crise structurelle majeure, le secteur agricole est aujourd’hui appelé à évoluer et à reconsidérer les fondements de la seconde révolution agricole. À côté d’une palette de modèles agricoles plus ou moins institutionnalisés et soutenus par des acteurs distincts, l’agroécologie s’est imposée pour certains auteurs (Altieri, 1995 ; Wezel et al., 2009 ; Gliessman, 2015 ; Bellon et Ollivier, 2018 ; Torquebiau et al., 2019 ; Van der Ploeg et al., 2019), et pour certains organismes (l’ONU à travers le rapport De Schutter (2011), l’Union of Concerned Scientists (2015), la FAO (Loconto, 2017)), comme une réponse efficace au changement climatique (GIEC, 2019), à l’érosion du vivant (IPBES, 2019) et plus généralement « […] aux problèmes interdépendants qui menacent les systèmes alimentaires » (FAO, 2018, p. 5). Cette reconnaissance internationale explique que certaines politiques agricoles nationales (celle de la France en 2014), et régionales (feuille de route NéoTerra par exemple pour la Nouvelle-Aquitaine) aient placé l’agroécologie au cœur de leur politique agricole.
Mais dans un contexte national de décentralisation des politiques publiques, ce sont aussi des collectivités plus locales (départements, intercommunalités, communes) qui semblent se saisir de l’agroécologie. Encouragées par l’émergence de certains dispositifs qui favorisent la prise en compte locale des questions agricoles et alimentaires, les collectivités locales s’investissent de plus en plus dans les politiques agricoles. C’est sur cette action publique territoriale autour de l’agroécologie que cette journée d’étude souhaitait se pencher en interrogeant en particulier les processus de gouvernance multiscalaires qui sont à l’œuvre. En partant des politiques agricoles portées par les EPCI à Fiscalité Propre, cette journée a discuté de l’action publique des différentes collectivités locales intervenant dans le champ agricole, en regardant en particulier comment elles se positionnent en matière d’agroécologie (leurs discours, leurs actions, leur travail politique). Ce regard multiscalaire s'est focalisé sur différents champs d’action (le foncier, l’eau, l’alimentation, le paysage, etc.) à partir de travaux portants sur différents territoires. Il a proposé une perspective transdisciplinaire en introduisant un dialogue entre différentes sciences humaines sociales (sciences politiques, sociologie, géographie, droit) mais aussi entre chercheurs et acteurs. De nombreuses questions posées telles que : l’intercommunalité facteur d’innovation dans la gestion du foncier agricole ? Quelle inscription de l’agroécologie dans l’action publique territoriale ? Des éclarages juridiques notamment sur l'agroécologie et les enjeux de gestion territoriale des ressources en eau ou de l’alimentation. Une journée riche d'échanges et de partage dont les actes seront bientôt disponibles.
