Nouvelle-Aquitaine Initiative pour une agriculture
Citoyenne et Territoriale

Une journée pour comprendre le rôle de la bio dans la protection de l’eau, la santé des citoyens et la restauration collective, avec des témoignages concrets d’acteurs locaux.

Le 7 novembre nous étions invités au Rallye de ferme bio organisé par la Maison de l'Agriculture Biologique de Charente (MAB16). Que sont les rallyes de ferme bio en Charente ?  Des journées de visites et d’échanges autour de l’agriculture biologique et de ses enjeux pour nos territoires.

𝗔𝘂 𝗽𝗿𝗼𝗴𝗿𝗮𝗺𝗺𝗲 :
✔️ Des visites de fermes et de sites emblématiques
✔️ Des témoignages de producteurs, élus, acteurs locaux
✔️ Des temps conviviaux autour de repas bio et locaux
✔️ Des tables rondes pour réfléchir ensemble à l’avenir de la bio en Charente
📍 Ces rallyes sont ouverts aux élu·es, futur·es élu·es, candidat·es aux municipales, partenaires, grand public et chargé·es de mission intéressés par la transition agricole et alimentaire.

Préservation de l’eau potable sur la ferme de Christophe Dubois

20251107 093343La visite et présentation de la ferme de Christophe Dubois, une ferme bio à proximité d’une zone de captage, a permis de présenter les enjeux de santé publique, de pollution, de maladies chroniques, de faire le lien avec les politiques publiques et le Plan National Nutrition Santé.

Christophe Dubois s'est installé en 2021 sur l'exploitation familiale. Historiquement, c'était une ferme de vaches laitières en conventionnel jusqu'en 2007 mais Christophe a choisi des brebis de races rustiques, bouchères et herbagères, en bio. Les agneaux partent vers la Sica Le Pré Vert (90 %) qui fournit la restauration collective. Une partie est vendue en direct. Les céréales sont surtout commercialisées avec les Fermes de Chassagne (80 %). Réintroduire l'élevage et passer au bio s'est imposé. "On a de gros sujets concernant l'eau, avec des eaux de plus en plus contaminées que l'on peine à rendre potable", souligne Mathieu Renaud, président de la Maison de l'agriculture biologique (MAB16). La conversion à l'agriculture biologique a permis de limiter les intrants chimiques et de travailler les sols différemment. "Le fait de basculer en prairie a tout changé, l'eau ne s'écoule plus comme avant, les inondations sont moins fréquentes et la qualité de l'eau en bord de rivière est clairement meilleure", observe Christophe Dubois.

20251107 101955La préservation des prairies est un enjeu essentiel. Une partie de ses terres sont en prairies permanentes en bord de rivière. "C'est le meilleur atout pour avoir une bonne qualité d'eau", commente Mathieu Renaud. C'est également un avantage dans la gestion du troupeau qui bénéfice d'herbe même en été, le reste des parcelles étant sur un sol séchant adapté au pâturage d'hiver. À la MAB, Mathieu Renaud insiste sur le rôle de l'élevage pour valoriser ces espaces et préserver la biodiversité, affirmant que "tant que l'être humain ne valorisera pas l'herbe, il faudra un animal pour le faire. Et il faudra qu'on valorise cet animal".

Préservation de l’eau potable en Charente, quels enjeux ?

20251107 114907La visite de la ferme a été suivie par une présentation croisée de l’EPTB, Grand Angoulême, Charente Eaux et la MAB16 du contexte départemental des enjeux de préservation de l’eau en Charente. D'après la définition "captage sensible" et la carte de l'Agence de l'eau Adour Garonne sur tout le bassin, la Charente compte 26 captages sensibles dont 13 captages, implantés sur 7 Aires d’Alimentation de Captages, bénéficiant d’actions volontaristes de reconquête de la qualité de l’eau (nitrates et pesticides).

eau jaillit tuyauLes collectivités mettent aujourd’hui en œuvre une nouvelle génération d’actions de protection de l’eau pleinement intégrées à leur territoire. Ces actions doivent conjuguer développement économique (filières agricoles notamment), aménagement du territoire, cadre de vie et considérations sociales (circuits de proximité, créations d’emplois par exemple).Par cette approche globale, les collectivités pourront inscrire durablement leurs actions pour la protection de la ressource en eau.

Mais c’est aussi à chaque citoyen et professionnel (exploitants agricoles, industriels, artisans…) de s’engager en adaptant au quotidien ses pratiques :

  • adapter ses pratiques professionnelles (installations, matériels, méthodes de travail) aux enjeux « eau » du territoire ;
  • posséder un dispositif d’assainissement des eaux usées efficace ;
  • adopter des pratiques de jardinage respectueuses des ressources ;
  • sécuriser les ouvrages de prélèvement d’eau privés (puits, forages, etc.).

Jeune pousse arroséeIl a été rappelé que la place de la bio n'existait pas ou peu dans les discours, or l'agriculture biologique a un rôle primordial dans la qualité de l'eau. La protection des captages est définie par des obligations règlementaires mais peut également faire l’objet de mesures et d’actions supplémentaires volontaires en fonction de leur vulnérabilité pour lutter contre les pollutions diffuses.

Les programmes d’actions intègrent par exemple :

  • Un accompagnement des agriculteurs dans leurs projets agro-environnementaux : investissements matériels, changements de pratiques culturales, évolution des systèmes de production et certifications environnementales (Agriculture Biologique, Haute Valeur Environnementale), implantation de haies et de couverts environnementaux, démarches « filières »,
  • Mise en œuvre d’études hydrogéologiques et suivi de la qualité de l’eau ;
  • Animation d’opérations foncières, comme avec la ferme Terre de liens des Marchis à Courcôme
  • Des actions de sensibilisation des habitants et du jeune public aux enjeux locaux de protection de l’eau.