Les associations du réseau InPACT, en partenariat avec Grand Angoulême, et dans le cadre des Gastronomades et du Festival Alimenterre, organisaient le 27 novembre un ciné débat autour du film documentaire "Leurs champs du cœur": : entre défis et espoirs, la parole aux paysan·nes !
Les membres charentais du réseau InPACT (la MAB 16, Terre de Liens, la CIAP Champs du Partage et l’ADEAR Terre-Mer), ont organisé dans le cadre du Festival Alimenterre et des Gastronomades, une soirée ciné-débat autour du documentaire Leurs champs du cœur. Après une projection très appréciée, un jeu participatif et un débat riche ont réuni deux paysan.nes engagé.es, qui ont partagé leurs réalités, leurs doutes et leurs espoirs pour l’avenir de l’agriculture. La soirée s’est conclue par un apéro paysan convivial, autour de gourmandises locales.
La soirée a débuté par un temps d’accueil convivial, autour d’un petit grignotage composé de jus de pomme local et de tartinades issues de produits fermiers. Ce moment a permis aux participant.es de faire connaissance et d’échanger avant le lancement du film.
Le film de Mickaël Denis a été très apprécié du public. « Leurs champs du cœur » donne la parole aux agriculteurs et agricultrices de différents territoires et aborde avec sensibilité et pédagogie une diversité de thématiques (Politique agricole commune (PAC), Santé, Modes de consommation, Vente directe, Reconnaissance sociale du métier, Rôle des politiques publiques et des citoyens dans la transition agricole). À travers les témoignages recueillis, le film met en lumière les défis quotidiens auxquels sont confronté.es les paysan.nes, mais aussi leurs espoirs et leur engagement pour une agriculture durable.
Après la projection, un jeu dynamique de type “assis-debout” a permis à la centaine de participant de se remettre en mouvement tout en se positionnant sur des questions liées à l’alimentation et à la production agricole.
Les structures organisatrices ont ensuite été brièvement présentées.Le débat a réuni deux intervenant.es :
- Agnès Roustaud, vigneronne et céréalière en agriculture biologique, commercialisant en vente directe.
- Mathieu Renaud, éleveur laitier, engagé depuis 2010 dans une transition vers l’agriculture biologique et l’autonomie fourragère, à la suite de la crise laitière.

Principales questions et éléments de réponses
- Comment lutter contre les accords de libre-échange (type Mercosur) ?
Les paysan.nes rappellent que l’agriculture française est soumise au marché mondial : « Si on ne gère pas les volumes, c’est le paysan qui trinque. Il faut un minimum de prix garanti. » et soulignent aussi la responsabilité de la consommation : « Si le bateau n’était pas plein, il ne partirait pas. »
- Les pratiques en bio font-elles évoluer les mentalités dans le Cognaçais ?
Agnes Roustaud explique que les viticulteurs bio sont encore peu nombreux, mais que des dynamiques existent grâce notamment au réseau Vitibio. « On s’épaule. Comme on va au-delà des normes, quand il y a un durcissement des contraintes, les autres viennent nous demander des conseils. » Cette présence crée des envies, suscite des changements de pratiques et ouvre le dialogue dans les exploitations voisines.
- La vente directe est-elle en hausse ou en baisse ?
Les intervenant.es soulignent que :
- la forte hausse a eu lieu pendant la période Covid, lorsque les déplacements vers les fermes étaient autorisés; après cette période, la fréquentation a notablement baissé ;
- actuellement, la baisse du pouvoir d’achat se fait sentir ; néanmoins, on observe une petite reprise pour les produits bio.
- Comment voyez-vous l’agriculture dans 15 à 20 ans ?
Les réponses oscillent entre pessimisme et espoir :
« Soit un effondrement total, soit on a réussi la transition. »
« En tant que président de la MAB 16, je dois être optimiste… mais dans ma ferme, parfois, c’est plus difficile. »
« C’est un métier passion, un métier dur, mais si on perd espoir, autant aller chercher un bout de corde collectif. Alors il faut continuer à rêver ensemble et à réaliser ce rêve. »
Paroles marquantes des paysan.nes
Quelques phrases fortes ont rythmé le débat :
- « Les gens qui sont en bio, c’est aussi pour donner un sens à sa vie. »
- « Le manque de stratégie au niveau de la Chambre d’agriculture m’affole un peu. »
- « Le réseau InPACT, c’est là qu’on puise notre capacité à nous adapter. »
- « Les politiques agricoles nous amènent vers la spécialisation, la monoculture. »
- « On tient par fierté, et par respect envers ceux qui ont commencé. » (en bio)
La soirée s’est conclue dans la convivialité autour d’un apéro paysan, préparé par Mycelium Charente, composé de gourmandises locales et paysannes. Ce dernier temps d’échange a permis au public de poursuivre les discussions avec les intervenant.es, dans un esprit chaleureux et collectif.
